Lors de ma formation au sein du département cinéma de l’ECAL - École Cantonale d’Art de Lausanne, j’ai eu la chance de réaliser des courts-métrages : Répétition et Suspendu qui ont été montrés en festivals. En 2016, j’ai entamé le développement d’Olga, avec le producteur de Suspendu Jean-Marc Fröhle, et en co-écriture avec Raphaëlle Desplechin.

Fin 2015, j’ai co-réalisé un documentaire autour d’un orchestre. J’y ai filmé une violoniste ukrainienne, arrivée en Suisse juste avant Euromaïdan. Le trouble avec lequel elle m’a raconté la révolution, et à quel point les images l’avaient atteinte, m’a profondément touché. J’ai eu le désir de filmer la passion, tracer l’histoire d’une héroïne qui doit, malgré elle, concilier son désir personnel avec le cours de l’Histoire. J’ai voulu traiter la question de l’identité par le prisme de l’adolescence : un âge d’exigence, d’émancipation, où on cherche son désir. C’est aussi un âge où l’identité est trouble jusque dans la chair, puisque le corps change… et c’est le moment où on commence à se confronter au politique.

Le développement du film a été incroyablement stimulant : entre casting, repérages et recherche d'archives, rapprochant l’écriture de cette fiction d’une démarche proche du documentaire. Sur le rapport aux archives, j’ai revu les films de Chris Marker, de Jean-Gabriel Périot et de Peter Snowden. 

Quand les vidéos d’Euromaïdan filmées par les manifestants eux-mêmes, avec leurs téléphones, font irruption dans son quotidien de gymnaste, Olga se retrouve dans un monde flottant, un espace entre-deux, en tension permanente. C’est ce conflit que met en scène le film.