61e édition | Du 18 au 26 mai 2022

À propos de Scale

par Farah Clémentine Dramani-Issifou

Will se perd dans ses addictions et à mesure que la route avance, ses démons, plus nombreux, hantent ses jours et ses nuits. Thésard et père de famille, sa vie, rongée par les psychotropes, est devenue l’enfer sur terre. A travers un récit émouvant et une animation rotoscopique, Scale explore le lien entre la dépendance et le processus créatif et propose une plongée viscérale dans les abîmes de Will, qui tente de remonter le fil halluciné de sa déchéance.

Entretien avec Joseph Pierce

« La première fois que j'ai lu Scale de Will Self, une nouvelle sur un homme qui pense que ses veines deviennent le réseau autoroutier du Royaume-Uni, c'était à la fin des années 90, alors que j'étais un adolescent. En 2016, après avoir réalisé un certain nombre de courts métrages indépendants et autoproduits, j’ai rencontré ma productrice avec qui nous avons commencé à développer le projet de film : j'étais particulièrement intéressé par l'exploration du lien entre la dépendance et le processus créatif. C’est après avoir développé un style particulier d'animation rotoscopique que j'ai compris que cette histoire était adaptée à cette technique.

Pour moi il était important de dépeindre la dépendance de manière authentique et aussi d'une façon rarement vue au cinéma ; raison pour laquelle je l’ai fait sous un angle surréaliste et hallucinatoire avec parfois une ironie cruelle, plutôt que sous l'angle du réalisme social que l'on voit souvent dans le cinéma britannique. L'animation est un moyen de dire des choses qui ne peuvent être dites autrement. Le film joue avec l'échelle littérale et la perspective pour représenter notre protagoniste qui perd son emprise sur la réalité ; la narration non linéaire aide à maintenir le public désorienté : nous voulions que le spectateur vive réellement la situation difficile de Will. »

À la Semaine de la Critique

Scale

2022

Court métrage

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