61e édition | Du 18 au 26 mai 2022

À propos de Nos Cérémonies

par Ava Cahen

Nos Cérémonies conte l’odyssée de deux frères qui s’aiment et se jalousent. Complices, ils cachent un secret de plus en plus lourd à porter à mesure qu’ils grandissent et découvrent le feu des désirs. Le premier long métrage de Simon Rieth impressionne autant qu’il émeut et envoûte. Il explore avec audace les registres du fantastique, de l’étrange et du merveilleux, trop rares dans le cinéma français. Un film d’une infinie douceur et d’une infinie beauté, aux confins de l’amour fraternel.

Entretien avec Simon Rieth

« Les relations de fraternité étaient souvent évoquées dans mes précédents courts métrages mais pour Nos Cérémonies, j’ai ressenti le besoin de raconter une histoire d'amour très forte entre deux frères, comme celle que j'ai vécu et que je vis encore aujourd’hui avec mon petit frère. J'avais le désir de parler de cet amour, de cette haine, de cette jalousie que l'on peut éprouver pour un frère, pour quelqu'un de notre sang. Je voulais montrer comment deux frères ont créé leur propre monde et l’ont ritualisé pour parvenir à vivre. Mes films sont tous hantés par les mêmes motifs, à savoir la jeunesse, le passage à l'âge adulte, le désir, les fantômes.

Nos Cérémonies est un film presque documentaire sur la jeunesse, un drame familial, un récit d'apprentissage, une fable fantastique, une chronique d'été, mais c’est avant tout une tragédie, dans le sens le plus classique du terme. L’idée était de partir de l’histoire, presque originelle, de deux frères, d’en faire des héros mythologiques contemporains. 

Je voulais faire un film extrêmement solaire, lumineux, coloré, tourné en scope anamorphique. J'avais en tête les films américains qui m'ont fait rêver et aimer le cinéma comme Voyage au bout de l'enfer de Michael Cimino. Avec Marine Atlan, la cheffe opératrice, nous avons aussi beaucoup parlé de Beau travail de Claire Denis, pour le regard qu’elle pose sur les corps et les paysages. L'idée était de faire une image dense avec de forts contrastes et surtout de s'éloigner au maximum du numérique. Les mouvements du soleil nous guidaient en permanence ».

À la Semaine de la Critique