61e édition | Du 18 au 26 mai 2022

À propos de Metsurin tarina (The Woodcutter Story)

par Frédéric Mercier

Malgré la fermeture de son usine, l'infidélité de sa femme, la folie criminelle de son meilleur ami, l'incendie de sa maison et la mort de sa mère, rien ne semble pouvoir ébranler l'optimisme béat de Pepe. Avec cette fable philosophique et burlesque, Mikko Myllylahti invente dans les paysages nus du nord de la Finlande un monde pittoresque et inédit régi par sa propre logique à l'humour désespéré.

Entretien avec Mikko Myllylahti

« J'ai grandi dans le nord de la Finlande. Le film a été tourné près de ma région d'enfance, à 800 km de Helsinki où j'habite aujourd'hui. C'est une région où les habitants s'expriment avec peu de mots. Nous sommes très ruraux et vivons dans une autre temporalité.

Je suis poète. J'ai écrit à 23 ans mon premier recueil et depuis trois autres ont été publiés. Après des études de cinéma, j'ai débuté comme scénariste, ce qui me semblait la chose la plus cohérente avec mon activité poétique. J'ai écrit mon premier scénario, celui d'Olli Mäki. C'est lors du tournage de mon court-métrage Tiikeri (The Tiger) que j'ai rencontré le photographe Arsen Sarkisiants qui fait toujours partie de mon équipe. Pour moi, c'était la pièce manquante à mon travail et d'une certaine façon, c'est grâce à lui que The Woodcutter Story a pu être réalisé.

The Woodcutter Story est un film que j'ai voulu proche de cet art poétique qui m'habite. En général, j'ai toujours apprécié un cinéma capable d'atteindre la transcendance, d'aller au-delà de la narration et des mots pour révéler le mystère de l'existence. Toute l'œuvre de Robert Bresson en est un bel exemple. Avec le directeur de la photographie, nous avons également beaucoup parlé de romans graphiques, des photographies de Gregory Crewdson et de peinture finlandaise capable de dépeindre de façon surréaliste l'Arctique, à la manière de Kalervo Palsa. Mais outre les arts plastiques, c'est à Amerika de Franz Kafka que j'ai le plus pensé. À ma manière, j'ai aussi voulu créer une atmosphère obsédante et surréaliste. »

À la Semaine de la Critique