À propos de Boléro

Par Thomas Fouet

Comment évoquer Boléro sans dévoiler tout à fait la série de gestes, politiques et esthétiques, qui, au fur et à mesure qu'avance le film, le rendent si singulier ? Apparemment lancé sur les bases d'une très classique chronique familiale, le récit opère soudain un virage pour mettre en scène une expérience chorégraphique se jouant idéalement des contraintes (choisies) de son décor, et basculer enfin dans une réjouissante utopie libertaire. Et embarque à la suite de son héros christique toute une communauté, dont il fait l'épicentre d'une révolution qu'on imagine – qu'on espère – voir se communiquer bientôt au monde entier.

Entretien avec Nans Laborde-Jourdàa

« Boléro convoque les fantômes de mon adolescence pyrénéenne et comment on se construit dans des espaces qui laissent peu de place à la différence. Fran s’est affirmé ailleurs et son retour porte avec lui un besoin de réconciliation.

Je voulais filmer François Chaignaud, montrer la puissance de sa danse. Le moindre de ses gestes est porteur d’un tremblement de terre à venir. Et au-delà de son art, donner à voir sa vulnérabilité et son pouvoir de subversion.

Je voulais aussi filmer les paysages de mon enfance à la lisière de la nature et du béton, filmer ces visages aimés, ceux de ma famille, de mes ami·es d’enfance. J’ai pensé le film comme une pastorale, ces spectacles beaux et naïfs, imaginés par des villageois du Pays basque ou du Béarn un soir d’été et mêlant théâtre, danse et chant. Boléro se pare de la naïveté d’un conte, l’histoire d’une personne qui devient l’histoire d’un groupe. Et derrière un visage buriné, derrière une caresse à un inconnu, la promesse d’une révolution à venir. »

À la Semaine de la Critique

Boléro

2023

Court métrage

Voir fiche film