À propos de Los pasos del agua

Par Charles Tesson

Après La Terre et l’Ombre, la terre et l’eau. L’eau entendue, à la limpidité cristalline, dès les premières images, puis à la fin, avec les pas dans l’eau (« paso », à la fois passage et pas). Deux pêcheurs remontent dans leur filet un cadavre. Par la magie des inserts, dignes de natures mortes, une main, qui ne sentira plus les choses, et une oreille, qui n’entendra plus. Le spectateur, lui, est saisi par la beauté de ce qui est (un mille pattes qui s’étire) et s’entend, du chant des oiseaux aux pelletées de terre. « Personne ne doit mourir sans terre ni sans nom », dit un pêcheur. Los pasos del agua à la puissance rare d’un conte fantastique, car il nous faut imaginer ce cadavre heureux du sort que les deux pêcheurs lui ont réservé.

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