
Originalité de l’écriture, délicatesse de la mise en scène, précision du dialogue, beauté sauvage des décors naturels … Aspérités de la vie familiale, fragilité de la condition humaine dans le rude pays des Monts Ozark… Le jury Fipresci du Stockholm film festival 2010 a été séduit par tout ce qui fait de Winter’s bone*, le deuxième long métrage de Debra Granik, une expérience d’une intensité rare, ainsi que par l’incroyable performance de la jeune et prometteuse Jennifer Lawrence (sacrée meilleure actrice).
A travers le personnage de Ree Dolly – adolescente au présent bouleversé par le passé criminel de son père – Debra Garnik dresse le portrait troublant d’une communauté rurale en plein désespoir, sans jamais tomber dans les pièges qui accompagnent souvent ce type d’histoires – le mélodrame ou l’exotisme – et se concentre sur une peinture très juste du réel et de la complexité des êtres.
Considérant que “le minimalisme est un contrat avec le spectateur” et inspirée par les réalisateurs néoréalistes, Debra Garnik capture magnifiquement, dans des images inhabituellement sensibles, ce qu’elle appelle “la douceur d’un instant poétique“, “les petits moments de répit” qui rendent supportables – et parfois belles – les existences les plus dures.
* Adaptation du roman de Daniel Woodrell
Winter’s Bone – Bande annonce VO
Publié par Pamela Pianezza