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Journal du Comité

Retour sur…La Semaine de la Critique à Morelia

La vérité est que La Semaine de la Critique devrait être rebaptisée Mois, Semestre ou Année de la Critique. Après coup, après Cannes, la sélection vit dans les salles mais aussi dans les festivals. Chaque année, à 9000 kilomètres de Paris, une poignée de films de La Semaine est montrée au Festival de Morélia, en passe de devenir le plus important au Mexique. Du 3 au 11 Octobre, on ne venait pas accompagner les Adieu Gary, Lascars, Rien de Personnel, Mal Dia Para Pescar ou Les Murmures du Vent, mais en tant que membre du Jury pour les Courts-Métrages mexicains.

L’occasion de saisir le vitalité de la production. La quarantaine de films proposait une palette variée d’humeurs, de formes (mention pour les films d’animation) et où l’on pouvait identifier quelques thèmes récurrents : l’immigration, mais aussi vers le Mexique (Luces Negras de Samuel Kishi et Nuevo Dragon City de Sergio de la Torre mettent en scène des immigrés chinois) ; un regard sur l’histoire mexicaine (Los Trashumantes de Federico Ceccheti, version potache de la Révolution mexicaine, ou Miramelinda de Hesus Pimentel Melo, évocation du passé de Morelia) ; le troisième âge (on compte quelques neuf films avec des señores "senior").

Notre grand gagnant fut Señora Pájaro de Véronique Decroux. Notre co-juré Nick Roddick (journaliste à Sight & Sound) résumait parfaitement ses qualités en déclarant que "c’était tout ce qu’un court-métrage devait être". Et nous de rajouter, sans que ce soit un peu fort de café : "comme l’expresso, c’est un film court mais fort". La tradition de La Semaine étant de diffuser les courts gagnants de Morélia à Cannes, on devrait voir cette rencontre impromptue entre une femme et une gamine à un balcon à l’Espace Miramar en mai.

De la sélection de longs métrages, on a pu voir Alamar de Pedro Gonzales-Rubio, où les derniers jours entre un papa et son fiston avant que ce dernier ne reparte vivre pour très longtemps en Italie : une simplicité apparente mais une grande sensibilité. Chez le gagnant de la section documentaire, Presunto Culpable (Roberto Hernandez, Geoffrey Smith), on était peut-être moins fasciné par l’erreur judiciaire décrite – et heureusement réparée – que par la façon dont la justice mexicaine pouvait être rendue dans un micro-tribunal évoquant un guichet de la Sécurité Sociale.

Un festival, c’est souvent l’occasion de découvrir un cinéma étranger loin de son pays d’origine. Le pays invité cette année-là était la Roumanie. Vers 14 heures (heure locale) très très à l’ouest de Bucarest, on découvrait la curiosité Independenta Romaniei, superproduction de 1912 racontant bien sûr l’indépendance roumaine. Beaucoup, beaucoup de figurants et de chevaux, menés par deux réalisateurs, Aristide Demetriade et Grigore Brezeanu, ce dernier alors âgé de 20 ans. Comme on dit : ça calme. Autre magie de la globalisation : c’est à Morelia que l’on vit pour la première fois l’un de nos films favoris de 2009, Hadewijch de Bruno Dumont.

Beaucoup de rencontres et de découvertes, un accueil chaleureux et des effeuillages de margaritas. donc. Et on devinait dès l’aller que tout irait bien : dans l’avion nous amenant au Mexique, vers la fin du vol, tous les écrans n’avaient inexplicablement qu’un film de disponible en visionnage – tandis que l’on s’escrimait à vouloir revoir un épisode des Simpsons. Adieu Gary.

 

Retrouvez le palmarès complet du festival :
http://www.moreliafilmfest.com/en/ficm-winners-2009.php



   
Léo Soesanto
Membre du Comité de Sélection Longs Métrages



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  Décembre 2009
    La Semaine de la Critique à Brasilia
    (Bernard Payen)