Critique
La raison du plus fort est toujours la meilleure. Nous allons le montrer tout à l’heure.
Mais que faire quand la raison du plus fort est occultée par la quête du sens de la vie ? C’est ce qu’essaye de trouver l’un des protagonistes du premier long métrage du réalisateur uruguayen Albaro Brechner.
Désirant prestige et argent, le dénommé « Prince » Orsini exploite machiavéliquement les capacités physiques exceptionnelles de son acolyte Jacob van Oppen. Ce dernier n’aspire pourtant qu’à s’extirper du statut de lutteur professionnel titanesque qui régit sa vie. Larmes de désespoir, larmes de mélancolie, larmes d’incertitude. L’émotion le submerge à tout moment, aussi bien face à une fresque religieuse que devant un film à l’eau de rose ou une douce mélodie.
Emotion qui atteint également le spectateur, touché profondément par la disparité frappante entre contenant et contenu : une enveloppe de muscles tient prisonnière une âme à la sensibilité exacerbée, exaltée par une musique exprimant la solitude et le (dés)espoir.
L’atmosphère de western hollywoodien qui règne dans ce film ravira non seulement les passionnées de vieilles voitures américaines, mais aussi les adeptes de paysages sublimés par la lumière.
Laville Elise
Lycée Bartholdi Colmar
C’est une histoire de duos, mais aussi de duels. Duel entre un prince baratineur et une belle obstinée, entre une Europe lointaine et une Amérique du Sud mouvementée. C’est sur ce dernier continent chaleureux qu’Alvaro Brechner, dans son film, Mal dia para pescar, dépeint une atmosphère sombre et mélancolique, tachée de couleurs vives et lumineuses. Cette esthétique nous interpelle et nous fascine. C’est sans efforts que l’on se laisse porter par les aventures de Jacob Van Oppen, champion du monde de catch, et de son agent, le « prince » Orsini. L’un a le cerveau, l’autre les bras. Mais qui a vraiment le contrôle de la situation ?
Sillonnant les villes latines à la recherche de nouveaux adversaires, ils trouvent en l’art du combat le moyen de survivre, mais aussi peut-être de se prouver qu’ils sont toujours vivants. Même si les deux personnages au tempérament si différent semblent bien incarner les rôles du méchant arnaqueur et de la bête de foire, ils nous attendrissent par leur profonde humanité. Pour Jacob, gagner n’est pas une nécessité, mais plutôt une reconnaissance. Ce personnage aux allures d’Elephant man incarne la brute au cœur tendre du film. Ne serait-il pas alors le plus sincère et le plus intègre ? Nostalgique de ses origines, il nous fait partager ses souvenirs d’une Europe aimée. Ce sentiment, proche de la « Sehnsucht » (forte nostalgie) allemande, apparaît en toile de fond tout au long du film. Si le déroulement de l’action se situe à Santa Maria, le manque d’indices ne nous permet pas de replacer clairement le film dans son contexte temporel. Mais, après tout, c’est sans importance. Du mélange des personnages européens, de l’ambiance latino-américaine et des nombreuses références au western résulte un univers chimérique et insolite où le combat de catch devient western spaghetti. C’est enivrant! La dernière partie de l’oeuvre où les enjeux se révèlent enfin prend un rythme accéléré. L’ultime duel est redouté. Attendu et préparé depuis le début du film, il ne dure pourtant qu’un bref instant. Son attente a été nourrie par de multiples images d’horloges. Les aiguilles tournent et montrent le temps qui passe, qui fuit, qui annonce la vieillesse et le combat final : elles nous forcent au questionnement. Cela va-t-il toujours durer ? Que faire après ? Partir, continuer ou se séparer ?
Alix Weidner et Olga Benne
lycée Paul Valéry à Sète
« Catch me si tu peux !!!! ». Plongez dans l’univers de la lutte avec Mal día para pescar, premier long métrage d’Alvaro Brechner. Un soir, un match, un accident. Un « prince » bluffe ur du nom d’Orsini et un ex-champion catcheur, Jacob van Oppen, parcourent les petits villages d’Amérique du Sud et s’arrêtent à Santa María pour organiser un challenge.
Ce film tiré d’une nouvelle de l’écrivain Juan Carlos Onetti peut être (pour ceux qui connaissent) perçu comme une analogie avec The Wrestler de Daren Aronofsky : les tentatives de come back d’un ancien sportif malgré des problèmes de santé. Néanmoins, ici, point de polarisation autour du catch, mais un grand tournoi de poker psychologique où l’intimidation physiqu e est moins forte que les pressions morales. Un super jeu des acteurs qui nous pousse moins à rechercher les différents messages du film qu’ à nous laisser emporter dans cet univers revisité. Le manager semble avoir avec son protégé une relation touchante, presque maternelle : il cherche à le défendre par tous les moyens contre l’ humiliation d’une défaite tout en le contrôlant.
Se joue sous nos yeux une partie de poker entre plusieurs personnages qui tentent à différents niveaux de retrouver leur dignité – cartes en main – avec un seul procédé : Le bluff .
Miserez-vous votre argent pour aller voir ce film ?
Faites vos jeux !
Jean Robert Nemi, Elodie Saby
Lycée Marcelin Bertelot de Pantin
"La personnalité est un mystère, rien à voir avec les muscles". Mal dia para pescar est une lutte physique et psychologique d'un champion du monde aux allures de taureau, et au cœur d'enfant. Managé par un "Prince" escroqueur, il fait le tour des villes d'Amérique du sud pour perpétuer la légende de l'homme surhumain. Dans un décor de western, il se bat comme une bête déchaînée contre des adversaires déconcertés.
Le Prince Orsini, "champion des affaires", dompte son lutteur et l'enferme dans sa renommée comme un oiseau dans une cage. Le sentant vieillissant, il perd peu à peu confiance dans la réussite de sa machine commerciale. A l'image, le Prince est entouré de rouge, la couleur du toréador, celui qui tente de ne pas se faire encorner par plus fort que lui. Le mensonge, les tours de magie et le poker sont les symboles d'un personnage manipulateur. Mais il suffira d'un coup de pattes pour que le lutteur prenne le dessus. Cette force surhumaine n'empêche pas le Champion d'avoir ses propres faiblesses : la mélodie enfantine de Lily Marlene sortant d'une boite à musique, actionnée par le Prince, est essentielle à son équilibre ; une baignade improvisée dans une fontaine le rend euphorique…
Ce film est profondément marqué par le genre du western mais aussi par les couleurs des villes latinos. Les couleurs vives sont associées pour créer une dynamique et pour symboliser la force indomptable du lutteur. Les plans rapprochés de trois quart sur les personnages, nous rappelle les bons vieux films de cow-boy, et le jeu de regards des combattants sur le ring nous évoque les duels au pistolet. Accompagné de la musique entrainante d'un piano de bar, ou d'un harmonica, le Prince se déplace sur son fidèle destrier, une vieille Ford rouge. Les deux personnages, très caractérisés, sont représentés comme deux mythes perdurant dans le temps, à travers les routes.
Mal dia para pescar, signifiant Mauvais jour pour aller à la pêche, nous fait découvrir dans un univers de road movie coloré une histoire originale, touchante, traitant avec subtilité des faiblesses humaines.
Laura Desèbe, Laure Weiss
Chambéry Lycée Louis Armand
VON KLEINEN FISCHEN UND GROBEN HOFFNUNGEN
Wenn du kein Glück hast – solltest du nicht fischen gehen.
Wenn du zu alt bist – solltest du nicht kämpfen. Wenn du kein Geld hast – solltest du erst gar nicht anfangen zu spielen.
Zwei Männer stehen sich gegenüber. Jacob, ein deutscher Wrestler und Orsini, sein italienischer Manager, der sich selbst „il principe“ nennt. Sie reisen durch Südamerika und Orsini organisiert die Kämpfe für Jacob. Genau genommen zieht er im Hintergrund sämtliche Fäden. Sucht die Gegner aus, die Jacob im Ring niederstreckt und bezahlt sich im Voraus schon mal dafür, dass sie sich niederstrecken lassen. Beide verbindet eine besondere Beziehung: sie bilden eine Symbiose, eine komplexe Vater-Sohn-Beziehung. Jakob, in sich gekehrt, kindlich. Orsini, dominierend, fürsorglich. Der Zuschauer geht fest davon aus, dass Jacobs Karriere zu Ende geht. Da ist ein Kampf vor dem Kampf, den das Tandem bereits verloren zu haben scheint: der Kampf gegen die Zeit. Umso überraschender die Wende: Die Charaktere erweisen sich als vielschichtig, sie entwickeln sich. Der nach außen hin betrügerisch wirkende Orsini zeigt gegen Ende Sensibilität und einen guten Kern, der schon immer in ihm steckt. Jacob der vom kleinen Kind, das in einen Brunnen springt und herum plantscht, zu einem Kämpfer.
Jacob zeigt, dass es nicht auf das Alter ankommt, wenn man etwas erreichen will, sondern alleine der Wille muss groß genug sein – es ist nie zu spät.
Der Regisseur Álvaro Brechner spielt mit den Stereotypen. Der Deutsche: Jakob, groß, blond, angelehnt an den Wikinger, den gewalttätigen Barbaren. Der Italiener: il principe, Macchiavelli, ausschließlich die Durchsetzung der eigenen Interessen im Blick. Auffällig sind die immer wiederkehrenden Motive, die auf den klassischen Western anspielen: eine verlassene, karge Landschaft, Casinos, Pferde. Und doch werden sich die Charaktere in einer überraschenden Wendung von ihren Klischees befreien. Die Protagonisten nehmen den Zuschauer mit auf ihre Reise. Ein Road Movie mit einem Silberstreif am Horizont, es gibt Hoffnung, auch für kleine Fische.
Esra Kacan, Julia Balla
Ottheinrich Gymnasium Wiesloch
LEG DICH NICHT MIT DEM TEUTONISCHEN RIESENBABY AN
Bergauf, bergab fährt der alte Reisebus – irgendwo in Uruguay. Typische lateinamerikanische Gitarrenklänge dringen ans Ohr, mit denen die Hühner einiger Latinos um die Wette gackern. Zwei Personen allerdings stechen in Álvaro Brechners Debütfilm „Mal día para perscar“ aus diesem stimmigen Bild hervor – aber auch sie sind nur eine schlechte Karikatur. Mit Spitzbart und Armani-Anzug tut sich der „Principe“ Orsini als Mafioso-Manager wichtig. Er will respektiert werden wie Macchiavellis „Principe“ und trägt sicherlich nicht ohne Grund den Namen einer der ältesten italienischen Adelsfamilien. Dem typischen Italiener liegen natürlich auch Brot und Spiele. Als Gladiator zieht für ihn in diesem Film der andere Passagier des Busses, Jacob van Oppen, in den Kampf. Dieser Titan, mit blonder Löwenmähne und blauen Augen, gibt den Wrestler und scheint dabei ähnlich unbesiegbar wie der deutscheste Held aller Helden zu sein. Doch für Jacob gilt: hartes Äußeres, weicher Kern. Wie ein Riesenbaby tapst er oft durch den Film, kichert gern unkontrolliert und planscht auch mal im Dorfbrunnen wie ein verspieltes Kind. Die Vaterrolle übernimmt Orsini, der ihn mit heimatlichen Klängen des „Lily Marlene“-Lieds in den Schlaf singt, der wie ein stolzer Vater ein Fotoalbum von Jacobs Wrestlingerfolgen mit sich herumträgt und ihm zur Beruhigung, fast schon wie Muttermilch, Rum einflößt.
Diese beiden ulkigen Europäer fordern nun das uruguayische Dorf zum Kampf heraus. 1000 Dollar für denjenigen, der Jacob besiegt. Wurden die bisherigen Erfolge immer wieder geschickt geschmiert, so geht nun dem gerissenen Mafiosi Orsini das Geld beim Pokerspiel aus.
Bis hierhin ist der Film eine Beleidigung für jeden, der weiß, dass selbst Italiener auch mal etwas anderes essen als Spaghetti. Trösten kann dann nur der Schluss, der eine unerwartete Wendung nimmt, als Jacob die Wahrheit über sein erlogenes Heldentum erfährt und unvermittelt zu einem selbstbestimmenden Menschen wird, der aus eigener Entschlusskraft nun plötzlich auch gewinnen kann. Als gelungen kann man den Film dennoch nicht betrachten, da er den Zuschauer wie einen ungebildeten Hinterwäldler mit seinen Klischees und der unerträglichen Vorhersehbarkeit endlos strapaziert.
Claudia Kück
Hölty-Gymnasium, Wunstorf
“BAD DAY TO GO FISHING” - GOOD TIMES AT THE MOVIES ?
In einem rumpelnden Bus, der durch Uruguay fährt, befindet sich allerhand zusammengewürfeltes Landvolk. Einige Musiker, die vorne im Bus melancholische spanische Lieder singen, ein junger Bauer, der seine Hennen krault, und ein stilles Mädchen, das das ganze lebhafte Geschehen mit großen Augen beobachtet. Ein Film über das Leben dieser uns fremden Figuren hätte interessant werden können, doch in Álvaro Brechners Film „Bad Day to Go Fishing“ (Mal Día Para Pescar) nehmen sie leider nur die Rolle von Statisten ein.
Die einfallslosen Protagonisten, ein zu alter Wrestler, ein verlogener Charmeur, der zwar aussieht wie ein Sheriff, sich aber Prinz Orsini nennt, und eine verbissene Schwangere, die ihren 4-Zentner-Ehemann wie einen Kampfhund einzusetzen vermag, wirken stereotyp und machen im Laufe des Films keinerlei Entwicklung durch. Es sind die Geldprobleme, die diese Figuren in die Enge treiben. Aus der prekären Situation kann nur ein Gewinner hervorkommen, der zwar ein wenig Geld gewinnt, dabei aber seine Ehre verliert. Der Geschlagene wird brutal in die Ecke des Boxrings gedrängt, wo er zugrunde geht. Die anfängliche Oberflächlichkeit dieser Protagonisten hätte man noch ertragen können, wäre die Entdeckung einer authentischen, zweidimensionalen Persönlichkeit eingetreten. Da der Zuschauer sich mit diesen wenig glaubwürdigen Figuren weder identifizieren noch von ihnen lernen kann, bleibt am Ende nur Frustration.
Nicht weniger monoton ist auch das Setting, das zwar anfangs durch eine desolate, zwielichtige Atmosphäre Interesse weckt, welches wegen mangelnden Kontrastes aber schnell schwindet. Da die abgedroschene Story eine schlechte Voraus setzung für den Aufbau von Spannung bietet, muss diese durch pathetische Musik und eine zwar gekonnte, aber wenig originelle Kameraführung erzeugt werden.
Mit dem Erscheinen des Abspanns fragt sich so mancher Zuschauer: Was soll man von diesem Film wohl mitnehmen? Er kann guten Gewissens aufhören, verzweifelt nach einer Aussage zu suchen, und muss sich damit abfinden, zudem noch schlecht unterhalten worden zu sein. Die Heimfahrt im Bus wird wahrscheinlich abwechslungsreicher ausfallen.
Nora Heidorn, Julia Parizo
John-F-Kennedy Schule Berlin
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