Lost Persons Area
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Critique

Un caillou, un stylo, une coquille d’œuf, un mégot, un bouton, un crâne d’oiseau… Tant de choses que la petite Tessa récolte alors qu’elle devrait être à l’école. Mais chaque matin c’est pareil, sa mère ne prête pas assez attention à elle pour qu’elle arrive à destination.

Dans son premier long métrage, Caroline Strubbe peint le tableau émouvant d’une famille désorientée et isolée du monde. Le titre Lost Persons Area suffirait presque à définir le film. Les grands espaces déserts perdent les quatre personnages dans l’infinité de leur solitude et de leur peur du rejet. Marcus n’a pas assez de qualifications, Bettina est terrifiée à l’idée d’être jugée mauvaise mère, Tessa tente de compenser le manque d’attention de ses parents en se créant un univers où tout objet doit être rangé, et Szabolcs le nouveau collaborateur de Marcus est un travailleur immigré qui a encore du mal à trouver sa place.
Ils sont instables et c’est par un flottement perpétuel de l’image, dû à la caméra portée à l’épaule, que la réalisatrice a choisit de les montrer. Les plans sont le plus souvent très rapprochés et plongent le spectateur dans l’intimité de ces personnages. On irait presque jusqu’à ressentir leurs peines et à anticiper leurs réactions.
Toutefois, le rythme du film est plus ou moins comparable à ses décors plats et linéaires, et peut parfois traîner en longueur. Mais ceci n’altère pas l’émotion que réussissent à transmettre les acteurs par leur jeu.
On comprend les ressorts affectifs et émotionnels des membres de la famille par leurs rengaines et leurs paroles. « Je frappe, je lui tords le cou et je pars », voilà ce que chante la petite fille à longueur de journée. Et la musique renforce leurs ressentis complexes par une série de quelques morceaux de violons très courts qui sont soigneusement choisis. Elle ne correspond pas aux sentiments véhiculés par les personnages, pour que le spectateur n’ait pas le temps de s’apitoyer.

La réalisatrice Caroline Strubbe dépeint dans son film des personnages totalement esseulés et perdus. Leur bungalow planté au milieu de nulle part devient alors véritablement un Lost Persons Area.

Laura Desèbe, Céline Krawczyk
Louis Armand, Chambéry

 

 

Petite tartine et confiture « Bonne Maman » : « Même la pire des mères est une bonne mère »...
C'est un des thèmes filmés par Caroline Strubbe, qui nous montre l'album photo d'une famille dont les membres sont isolés les uns des autres par des problèmes de communication.
Affection, bonheur, relation stable, c'est ce que recherche chacun de ces personnages, poussé par les difficultés d'expression et de langage.
Les différents thèmes, qu'on pourrait assimiler à des photos, se trouvent être un mélange d'histoires personnelles et d'analyses inconscientes. Selon le spectateur, le film peut se transformer en un catalogue de symboliques.On peut parfois risquer se perdre ou se demander quelle est la direction du film, ce qui empêche de se laisser totalement immerger dans cette atmosphère.
Cet album nous montre des membres d'une même famille : un père et une mère, Bettina et Marcus, couple uni surtout lié par le désir physique ; une petite fille, Tessa, déroutante, qui cherche ses repères et qui s'exprime en ramassant et en accumulant des objets hétéroclites (cadavres d'oiseaux, un pop corn, des crayons...), un ouvrier, Szabolcs, futur ingénieur et collègue du père , qui se retrouve presque par hasard au milieu d'eux.
La caméra, toujours portée à l'épaule, donne une authenticité à l'image, à l'histoire et aux personnages. Beaucoup d'émotions sont ressenties au travers de ces images.
On peut choisir de réflechir au film ou de se laisser simplement porter.
Arriverez-vous à vous échapper de cette Lost persons area ?

Jean-Robert Nemi, Hana Cherrat
Lycée Marcelin Berthelot, Pantin

 

 

« Crayons pointus, crayons méchants » ; crayons volés, rangés, dérangés sont tour à tour rassemblés par Tessa, une petite fille de neuf ans. Avec ces pièces de puzzle, elle se façonne son propre monde. Sa voix grave et caverneuse, sujet de moquerie pour ses camarades de classe, l’ont poussée à éviter l’école. Une route, un bus, un champ de pylône où travaille son père, elle erre à la recherche d’ordre dans une vie bancale. Des boîtes d’allumettes s’ouvrent et se referment tels des tiroirs posant de nouvelles questions : « C’est quoi normal ? Qui va déterminer ça ? ». On cherche des réponses, mais on n’en trouve pas. A quel point l’arrivée de Szabolcs, un travailleur hongrois, suivie d’un tragique accident vont-ils perturber la vie de cette famille aimante ? On ne comprend pas tout, mais on se laisse transporter dans cette atmosphère vibrante. Des messages passent. On se sent triste quand Tessa s’accroche à son père qui ne peut plus la soutenir, joyeux quand elle se joint à la fête, révulsé quand les travailleurs rient d’elle, pensif quand Bettina explique que « même la pire des mères est une bonne maman ».

L’esthétique du film est sublime. Des petits totems de Tessa aux grands pylônes, la vie est présentée de haut en bas, par des plans magnifiés par le cinémascope. On se sent libre, on est là, présent. Ce sentiment est renforcé par le jeu organique de la caméra, qui suit les personnages à mesure qu’ils évoluent. L’espace d’un instant, on est malmené et oppressé, puis on s’habitue au rythme du film. Les acteurs, dirigés par Caroline Strubbe, effectuent un travail remarquable. D’une façon simple et vraie, ils nous rendent tristes et joyeux à la fois. Même sans paroles, ils parviennent à communiquer : les différentes nationalités, tout autant que le mutisme de la fillette, ne sont pas des obstacles.

Si vous appréciez les analyses profondes et les explications rationnelles, vous serez déçus. En revanche, si vous aimez vous laisser transporter, allez voir ce film. Il est doux et mystérieux, nous laisse une grande part d’imagination, et s’achève sur une fin ouverte. Un robinet fermé s’ouvre. Une voiture démarre. On repense aux chuchotements de Tessa : « Tape-la, tord-lui le cou, et dis-lui au revoir »

Inès L’Hénoret, Olga Benne
Lycée Paul Valéry, Sète

 

 

« Sorte de vide qui se fait sentir à l’âme privée d’action ou d’intérêt aux choses. » C’est ainsi que le Littré définit l’impression ressentie lors du visionnage de ces vingt-quatre images par seconde qui forment l’ensemble qui se nomme Lost Persons Area.

Rarement, la façon d’aborder le sentiment d’affection d’un sexe pour l’autre a été d’un intérêt aussi platonique que celui de Caroline Strubbe. L’ouverture du long-métrage expose d’une façon voyeuriste les ébats amoureux d’un jeune couple, qui constituent approximativement l’unique action digne d’intérêt. Le contenu inexistant d’un scénario somnifère semble aussi vide de sens aux yeux du spectateur que l’environnement désert, qui s’accorde parfaitement au thème de cette rude épreuve cinématographique, choisi pour encadrer l’intrigue. La réalisatrice poursuit dans cette voie la mise en relief de la sexualité humaine en faisant défiler sous nos yeux les actes pervers d’un ouvrier hongrois avec une péripatéticienne locale.

Certainement, la présence superflue d’une quantité exubérante de métaphores et de symboles donne à ce film un souffle d’intelligence… aux yeux de Caroline Strubbe, mais guère à ceux du commun des mortels. Un robinet qui coule, comme la vie ininterrompue. Un pylône en tant que symbole phallique et les boîtes d’allumettes qui représentent les multiples facettes d’une vie, loin d’être palpitante, dans un récit à tiroirs.
Imaginez les choix de la vie comme le choix auquel vous êtes confrontés en ouvrant une boîte de chocolats : Lost Persons Area est sans aucun doute le praliné à la liqueur.

Marie Kolbenstetter, Philippe Meistermann
Lycée Bartholdi, Colmar

 

 

Lost Persons Area – Ein Blick in die Leere

Ein kleines Mädchen steht einsam unter dem endlosen Himmel. Ein großer Mann hebt sie auf, sammelt sie ein, bringt sie nach Hause.

Weites, flaches Land, hochragende Strommasten und zerrissene Wolken – Diese „Lost Persons Area“ vermittelt das Gefühl von Isolation, Monotonie und unkontrollierter Freiheit – Voraussetzung für eine einzigartige Stimmung und eine bizarr einfühlsame Geschichte. Eine zwischen nah und weit kontrastierende Kameraeinstellung unterstreicht das Spiel von Nähe und Distanz zwischen den Figuren.

Die belgische Regisseurin und Drehbuchautorin Caroline Strubbe zeichnet das Bild einer zusammengewürfelten Gruppe von Menschen, eine Parallelgesellschaft, die Herr über dieses Land ist: Es sind die Männer, die diese Strommasten bauen. Sie halten zusammen, sind eine starke Gemeinschaft, die für die meisten von ihnen die Familie ersetzt. Da gibt es Tessa, das kleine Mädchen, das gedankenverloren in der Dämmerung auf ihren Vater wartet. Ihre Mutter, einzige Frau in dieser Gemeinschaft, genießt einerseits ihre Freiheit, sehnt sich jedoch andererseits nach einem geregelten Familienleben. In dieser Gesellschaft werden die Menschen so akzeptiert, wie sie sind: Die beinah autistisch wirkende Tessa, die statt zur Schule zu gehen, Knochen, Steine und Zigarettenstummel sammelt, um sie am Strand zu Mustern anzuordnen; der ungarische Gastarbeiter Szlablocs, ein zurückhaltender Beobachter, der sich bereits bei seiner Ankunft in die Frau seines Chefs verliebt. Die Frage nach Normalität wird hier nicht gestellt – denn was ist schon normal ?

Die Harmonie wird durch einen Sturz aus gefährlicher Höhe erschüttert. Nach dem Arbeitsunfall fehlen mit einem Schlag der Chef der Männer und Vater der Familie. Dem Film gelingt es mit Hilfe einer subjektiven Kameraführung, dem Zuschauer fremde Situationen näherzubringen und ihn emotional zu berühren

Ein kleines Mädchen steht unter dem wolkenverhangenen Himmel. Ein gebrochener Mann schafft es nicht sie aufzuheben, sie einzusammeln, lässt sie zurück

Nora Heidorn, Moritz Kobler
John-F.-Kennedy Schule

 

 

Vergessene Worte

Lost Persons Area, verlorene Menschen auf gemeinsamen Raum. Caroline Strubbes Film inszeniert eine Vierecksbeziehung, die an einem elementaren Kommunikationsproblem zu Grunde geht. Es gibt das Liebespaar, das nur durch physischen Kontakt kommuniziert. Das Kind, das nach Verständigung und Verständnis sucht und sich in eine Welt des ständigen Ordnens flüchtet. Der Mitarbeiter, der sich verliebt und keinen Ausdruck für seine Gefühle findet.

Jeder der vier Protagonisten ist auf der Suche nach Liebe. Hände werden ausgestreckt, festgehalten, losgelassen. Durch einen Unfall wird sich jeder seiner Mängel bewusst. Das Liebespaar verliert sich und sein Kind. Das Kind verliert sich im Chaos. Der Arbeiter verliert sich zwischen den Fronten. Doch während die Beziehung zwischen den beiden Liebenden zerbricht, entsteht an anderer Stelle eine neue Bindung und das Kind findet in dem Arbeiter eine Bezugsperson.
Der Film ist sehr symbolreich, Probleme werden aufgezeigt und Momente reflektiert. Die Einstellungen sind in extremen Farben gestaltet und der Fokus liegt oft außerhalb des Gewöhnlichen. Mit Schärfen auf besondere Ausschnitte werden die emotionalen Distanzen der Figuren ausgedrückt. Die Einsamkeit und Verlassenheit der Personen wird dem Zuschauer durch Längen und große Stille nahe gebracht. Künstlerischen Anspruch bekommt das Werk durch den Soundtrack, der die melancholische Atmosphäre unterstützt.

„...aber davor haben wir noch Spaß“ ist der Schlüsselsatz, dem ein unbefriedigendes und schwer erklärliches Ende folgt und die Frage nach dem Danach. Das wird in den nächsten zwei Teilen der Triologie erzählt, so die Regisseurin, was den Film als Einzelwerk unvollkommen macht und viele Fragen offen lässt. Die Frage nach der inhaltlichen Botschaft muss sich jeder individuell beantworten.

Lena Scheiterbauer, Antonia Kölbl
Rudolf-Steiner Schule Gröbenzell

 

 

Die Jagd nach dem Glück
„Lost Persons Area“

Das Leben ist ein Karussell. Es hört nie auf sich zu drehen. Mal lässt es jemanden einsteigen, mal springt einer ab. In eben so einem Karussell scheinen sich auf Grund der rastlosen, nie zur Ruhe kommenden Kamera die Figuren aus Caroline Strubbes Langfilmdebüt „Lost Persons Area“ zu befinden. Verzweifelt suchen sie alle nach Halt, in einer Welt, die sich kontinuierlich weiterdreht. Sie wünschen sich alle einen festen Platz, jemanden, der sie festhält.
Durch Nahaufnahmen ist der Zuschauer ganz nah an Tessa, der kleinen Tochter, die nach Liebe und Anerkennung sucht; an dem Vater, Marcus, dessen Bartstoppeln er mit den eigenen Fingern zu spüren meint; an der Mutter, Bettina, die nicht weiß, ob sie lieber ein turbulentes Leben führen möchte oder „nur“ Mutter sein will; und wieder an Marcus, der den Traum hat, sein eigenes Gewerbe aufzubauen, was allerdings durch einen Unfall verhindert wird. Und man ist nah an Szabolcs, der für Marcus arbeitet und für Tessa mehr und mehr zum Vater wird. Für alle ist es die Jagd nach dem Glück: Jeder rennt verzweifelt seinen Wünschen hinterher. Doch bei jeder Jagd gibt es Opfer. Hier ist es Tessa, die im Geflecht der Wünsche der Eltern untergeht und unaufhörlich um Liebe bettelt. Sie bastelt kleine Hilferufe aus Abfall, die die Mutter allerdings nur für Müll hält. Dadurch, dass die Figuren untereinander kaum kommunizieren, baut sich eine unerträgliche Spannung auf, die mal von Stille, mal von leiser Musik getragen wird. Diese Spannung durchströmt die Figuren – fast so, als gingen die Hochspannungsleitungen, an denen sie arbeiten, durch sie hindurch.
Man muss sich mit ins Karussell setzen, will man dem Film auf die Schliche kommen. Man muss vollends eintauchen in ein Leben unter Hochspannungsleitungen. Zur Ruhe kommt man dabei freilich nicht. Man wünscht sich wie Tessa, dass das Karussell für einen kurzen Moment einmal anhält.

Frauke Lahmsen
Hölty-Gymnasium Wunstorf

 

 

Verwüstet

Fließendes Wasser. Ein kleines Mädchen sitzt neben dem Waschbecken, der Wasserhahn aufgedreht. Das Mädchen in sich gekehrt. Alleine. Sie lebt in ihrer eigenen Welt, die sie verzweifelt versucht zu ordnen. Vergeblich sucht sie die Zuneigung ihrer Eltern. Auf den ersten Blick scheint es eine glückliche Familie zu sein. Doch der Ort, an dem sie mehr haust als lebt, ist wüst und verlassen, weit und breit ragen nur Strommasten in den Himmel. Sie leben in einem Wohnwagen. Der Vater ist Ingenieur und arbeitet an den Strommasten. Doch dann ein Unfall, ihm wird ein Bein amputiert. Die Geschichte wendet sich. Der Vater verzweifelt, nur noch auf sich konzentriert. Der Tochter nicht mehr die Liebe entgegenbringend, die er ihr geben möchte. Im Laufe des Films leben sich die Protagonisten auseinander. Sie verlieren sich gegenseitig. Probleme finden keine wirkliche Lösung. Sie werden verdrängt und durch körperliche Nähe überspielt. Die Kommunikationslosigkeit bestimmt eine leere Welt, in der nur Einsamkeit herrscht. Einsam, wie die wüste Landschaft, die sie umgibt.
Die Beziehung der Eltern stützt sich auf eine enge Bindung und Leidenschaft, wo kein Platz mehr für das kleine Mädchen zu sein scheint. Eine unruhige Kamera unterstreicht das Chaotische innerhalb der Familie. Das Mädchen sammelt Gegenstände, die ihre Gefühle ausdrücken. Sie sammelt alles. Steine, Vogelfedern, manchmal geordnet, manchmal zerstreut. Dadurch entstehen kunstvolle Bilder, die wie Gemälde wirken.
Ein auffälliges Motiv ist das Wasser. Die kleine Tessa flüchtet. Dreht den Wasserhahn auf. Lässt das Wasser laufen. Einfach so. Wasser als beruhigendes Element, Metapher für den Strom des Lebens, der nicht abreißt, auch dann nicht, wenn das Leben aus den Fugen gerät, vielleicht endet. Handlungen, die Emotionen auslösen, die Eindrücke hinterlassen. Die aber auch unzusammenhängend wirken. Immer mit offenem Ende. Die Regisseurin Caroline Strubbe lässt den Zuschauer in einer Ungewissheit zurück. Auch er, wie die Personen des Dramas, alleine gelassen an verlorenem Ort: „Lost persons area“.

Esra Kacan, Vitalia Yapparova
Ottheinrich Gymnasium Wiesloch