Lauréats 2009
x fermer

Critique

Alix Weidner et Olga Benne pour le Lycée Paul Valéry de Sète pour leur critique de Huacho

« Un jour ou l’autre, nous serons tous heureux » voilà ce qu’apprend Manuel à l’école. Cet idéal, que la société de consommation pense pouvoir atteindre par le bien être matériel, n’est pas sans influence sur le jeune garçon. Lui et sa famille de paysans, ont pourtant bien du mal à s’adapter à tant de modernité, dans un Chili secoué par les remous de la mondialisation.
Si certains seront lassés par ce sujet parfois trop présent dans l’actualité, d’autres apprécieront la subtilité avec laquelle le réalisateur -Alejandro Fernàndez Almendras- aborde les thèmes de l’intégration, de la solitude et de la survie.
Dans sa volonté de rester proche de la réalité, ce dernier fait le choix de se focaliser tour à tour sur chacun de ses personnages au cours d’une même journée. C’est par des plans rapprochés et silencieux que l’on peut percevoir toute la solitude de cette famille chilienne en difficulté. Revendiquant une certaine lenteur, le cinéaste assume ce parti-pris, se confortant dans son désir d’objectivité. De la grand-mère qui tente de gagner sa vie en vendant ses « quesos frescos » (fromage frais), à la mère qui n’hésite pas à sacrifier ses plaisirs personnels pour joindre les deux bouts, le film s’attache à monter les choses telles qu’elles sont, sans tomber dans un pessimisme et une morale dénonciatrice. Ce sont aussi des personnages profondément humains qui sont dépeints ; témoins de leur quotidien, on sourit quand le grand-père, bon vivant, se dit « un peu ivre »en sortant du bistrot, on pardonne quand la grand-mère trahit ses concurrentes, et on comprend quand le petit Manuel, envieux de ses riches camarades, est prêt à tout pour des jeux vidéos, qui lui permettent de s’évader et de s’intégrer. Malgré la gravité de leur situation, on ne peut Apasser à côté de la tendresse qui unit cette famille. Sans être gai, il émane de ce film une agréable luminosité : les scènes ensoleillées et les repas autour d’une bougie montrent un Chili injuste certes, mais chaleureux.
S’ils n’ont pas atteint un bonheur conforme à celui que nous dicte notre société, c’est que la question de la survie est encore plus importante. Au final, le problème ne se pose même pas, et cette famille –à l’image de milliers d’autres- doit malheureusement se contenter de brefs moments d’évasion et de douceur.

Alix Weidner et Olga Benne
Lycée Paul Valéry

Jenny Dreier & Claudia Kück pour le Hölty Gymnaisum de Wunstorf pour leur critique de Ordinary People

Sonnen, Rauchen, Saufen und ein bisschen Töten

Symmetrisch gefaltet hängt die Bettdecke über der Pritsche, die Hände steif am Oberschenkel, der Blick starr nach vorn gerichtet. Zimmerinspektion in irgendeiner Kaserne, irgendwo. Alle tragen Uniformen, alle wirken gleich: teilnahmslose Gesichter. Ein Bus fährt vor. Die dritte Division verlässt das Militärgelände.
 „Wohin fahren wir?“ Keiner scheint sich für die Frage des Neuen, Dzoni, zu interessieren. Hier herrscht Gleichgültigkeit und Ordnung. Obwohl er aussieht wie alle anderen, scheint er nicht hineinzupassen. Sie sollen Menschen töten, ohne Widerrede. Der Schein der  grünen Natur und der warmen Sommersonne trügt. Durch die idyllische Stille dringen Schüsse. Die Kontraste sind in Vladimir Perisics Film beinahe unerträglich. So wechseln sich barbarische Hinrichtungen und banale Unterhaltungen bei einer Zigarette ganz selbstverständlich ab. Es sind eben nur „Ordinary people“. Gewöhnlich, austauschbar. Ein anderer Militärbus mit Soldaten fährt wie ein Spiegelbild vorbei. Es sind Figuren ohne Gesichter. Der Film gibt keine Antworten auf die Frage, warum diese Menschen das alles tun. Vielleicht gibt es auch einfach keine Antwort. Dinge passieren einfach, wie aneinander gereihte Fakten, zu denen die Kamera Distanz wahrt. Nahaufnahmen gibt es kaum. Die Bildgestaltung folgt einer  unpersönlichen Symmetrie.
Auch zu Dzoni, der am Anfang noch gegen das Untergehen in der Masse zu kämpfen scheint, findet man später keinen Draht mehr. Während er beim ersten Schuss noch zögert, knallt er später Zivilsten ab, wie er vorher lästige Insekten tötete. Begreifen kann er das nicht einmal selbst, verständnislos schaut er auf seine Hand, die all das getan haben soll. Doch er ist nun einmal nur noch einer von vielen in einer Herde von Gewohnheitstieren. Sonnen, Rauchen, Saufen und ein bisschen Töten. 
Vladimir Perisic zeigt, was außergewöhnliche Bedingungen aus gewöhnlichen Menschen machen können. Dass man sich als Zuschauer mit Dzoni anfangs noch zu identifizieren versucht hat, scheint unglaublich weit entfernt.

Jenny Dreier & Claudia Kück
Hölty Gymnasium Wunstorf