Critique
A WESTERN DREAM
Un tunnel d’un noir d’encre, une lueur persistante à l’extrémité. Des rails se dirigeant vers l’infini. C’est ainsi que Nassim Amaouche représente la vie dans les premiers instants de son long-métrage. La misère, mais également l’espoir de jours meilleurs à bord du train de l’existence. Il réussit en l’espace de courtes soixante-quinze minutes à renouveler le topo de la bassesse sociale, de l’ancienne société ouvrière dépérissante tout en y mettant humour et légèreté et en évitant le pathétisme habituellement utilisé pour traiter ces thèmes. L’aspect esthétique y contribue. En effet toute l’originalité de ce film réside dans les images, les plans, les cadrages empruntés à la tradition du western américain. Le réalisme n’en est pas moins mordant. Dans cette ancienne ville ouvrière, qui nous rappellera fortement les mythiques Ghost Town minières californiennes, les anciens manœuvres de l’usine désaffectée s’agrippent à leur passé. Cette comédie sociale expose de nombreux caractères dont le but final sera de progresser vers un nouveau mode de vie. Samir veut un meilleur travail, Icham veut retourner au Maroc, Nejma va à Paris et Francis, quant à lui, veut achever la réparation de sa locomotive. Les personnages attachants sont interprétés avec une performance certaine. Bien que d’apparence la communication est leur principal problème, les lignes du scénario sont riches et d’une simplicité appréciable. Quelques plans, pris à distance, montrent au spectateur l’importance insignifiante de cette classe ouvrière ignorée dans la société actuelle. La musique aux sonorités de country orientale achèvera de parfaire cette œuvre, qui nous emportera tel le vent emporte la poussière dans les rues désertes de la citée oubliée.
Marie Kolbenstetter
Lycée Bartholdi de Colmar
Adieu Gary, de Nassim Amaouche
Le train siffle une quatrième fois grâce à Nassim Amaouche. A la manière de Gary Cooper dans Le Train sifflera trois fois, Samir incarne le retour (dans sa ville d'origine) et Icham l'envie de départ (vers Marrakech, sa deuxième culture).
Ce film parle de thèmes déjà très (trop?) abordés mais de façon très différente, sans cliché ni caricature, et avec humour. Les relations parents – enfants sont rendues difficiles par un manque de communication flagrant. José s'enferme dans son mutisme car il attend le retour de son père, qu'il assimile à Gary Cooper. Les fils de Francis se trouvent divisés entre leurs deux cultures : marocaine et française.
Le film et le scénario paraissent légers, non pas par les sujets mais par la manière de les aborder, avec humour et enthousiasme. L'œuvre soulève aussi, beaucoup plus discrètement, le problème de la drogue qui a conduit Samir en prison et qui est encore là à sa sortie.
La musique est utilisée à bon escient, sans exagération, et toujours placée aux moments propices : orientale, jouée au Oud, elle détend le spectateur et le fait rentrer de plein pied dans la culture maghrébine ; occidentale, elle ajoute du suspense. Associée au travelling de la toute première scène - une voiture sur des rails qui roule dans un tunnel vers la lumière - elle nous entraîne immédiatement dans le film.
Nassim Amaouche, ose, contrairement à la plupart des réalisateurs, esthétiser la misère sociale, en mettant en valeur ses personnages au travers de leur vie ordinaire. La ville où ils évoluent se vide de ses habitants à cause de la délocalisation de l'usine malgré la lutte syndicale des ouvriers. Les acteurs incarnent réellement leurs personnages et sont tout à fait convaincants dans leurs rôles.
Captivant, émouvant, vivant : allez voir Adieu Gary.
Elodie SABY et Hana CHERRAT
Lycée Marcelin Berthelot, Pantin
UN WESTERN NOMME AVENIR
Une ruelle ensoleillée dans un village, des personnages vrais parfois déchirés, une chaleur d’été à l’image d’un climat jovial. L’usine. Ce lieu désaffecté est un élément central du film de Nassim Amaouche : « Adieu Gary ». Le décor étant pourtant réduit à sa plus simple expression, le réalisateur parvient à montrer l’ambigüité de son sujet.
Francis, ouvrier au chômage depuis la fermeture de l’usine, et ses deux fils, Samir et Isham, sont présentés comme une famille aimante bien que troublée. Alors que Samir sort de prison, il retrouve son ancien monde, si semblable mais si différent. Rythmé par une musique orientale qui rappelle l’origine ethnique des personnages, l’ambiance paisible et à la fois poussiéreuse, ainsi que la sphère spatio-temporelle qui semble suspendue, le film résonne comme un western classique traitant de sujets actuels avec subtilité. Tout en abordant les questions de l’identité et du travail, l’œuvre sait rester plaisante, voire sarcastique, dépourvue d’une dimension dénonciatrice ou moralisatrice. Si ces thèmes récurrents relèvent du militantisme, le réalisateur ne tombe pas dans l’excès et s’attaque plutôt à la question des sentiments humains, telles les relations père/fils et amoureuses. Contrant les préjugés et sans tomber dans la caricature, Nassim Amaouche dépeint des situations difficiles ou les personnages réagissent pourtant avec pertinence, espoir, et même humour. Un nouveau travail, de nouveaux projets, et même de nouvelles amours dénotent d’une certaines confiance en l’avenir, plein d’ambition et de promesses. L’espérance est véhiculée tout au long du film, à l’image d’un tour de passe-passe. Une pièce change de main, les temps évoluent, la vie aussi.
Elsa Mokrane et Olga Benne
Lycée Paul Valéry à Sète
ADIEU GARY - CHAMBERY
« Tous le monde veut se casser d’ici et lui il emménage ». Dans une ancienne cité ouvrière Ardéchoise, aux allures de village fantôme de western, vit une poignée d’habitants d’origine maghrébine. Trois générations se rencontrent et se racontent: les anciens ouvriers dont l’usine est maintenant désaffectée, leurs enfants qui cherchent désespérément un meilleur travail que celui de vendeur dans un centre commercial, et les petits enfants dont l’avenir semble bien compromis.
Il est vrai que ce thème peut sembler aujourd’hui bien récurrent mais pour son premier long métrage de fiction, Nassim Amaouche a choisit de ne pas tomber dans les banalités. Pas de banlieue parisienne, pas d’esthétisation de la misère, pas de relations conflictuelles entre les personnages…
Les ingrédients d’un film à dimension politico-sociale ne sont pas exprimés. Le ton est drôle et léger et n’enferme pas le spectateur dans une révolte ou un apitoiement envers les personnages. C’est là où réside la plus grande force de ce film.
Les relations entre les membres de la famille sont très riches, ils ne se jugent pas : par exemple personne ne semble reprocher à l’aîné de la famille d’avoir fait de la prison, mais ils ne se comprennent pas vraiment. Le conflit générationnel existe tout de même, les « anciens » ne comprennent pas pourquoi leurs enfants veulent de plus en plus retourner « au bled » alors qu’eux-mêmes ont tellement voulu le quitter. Leur vision du travail est très contrastée, les aînés étaient exploités par le travail dur en usine, les jeunes sont exploités en étant obligés de porter des costumes ridicules et les enfants ont de moins en moins de soutien de la part de leurs parents. Mais à travers ces contrastes ces trois générations se rencontrent quand même dans leurs difficultés qui, même si elles ne prennent pas formes semblables, sont fondamentalement identiques.
Par une lumière et un décor très marqué, le réalisateur plonge le spectateur dans une ambiance western où par exemple, un des fils du village attend désespérément le retour de son père, qu’il associe à Gary Cooper. Et quelle meilleure idée que de marquer le style western qui symbolise le développement et la prospérité, sur une histoire au fond de délocalisation et de régression du niveau de vie.
La musique de Trio Joubran accentue ce style western et accompagne l’épopée de chaque personnage tellement unique et tellement semblable aux autres à la fois.
Dans son film, Nassim Amaouche nous offre un tableau très agréable à regarder où chaque personnage fait sa propre « conquête » du bonheur.
Laura Desèbe et Céline Krawczyk
Lycée Louis Armand - Chambéry
Viel Licht – doch kaum Spektakel
Normalerweise würden Sie an dieser Stelle die ausgeschmückte und möglichst mitreißende Beschreibung einer prägenden Szene finden. Vielleicht würde es auch ein tiefgründiges Zitat tun. Doch mit keinem von beiden kann „Adieu Gary“ dienen. Zwar ist die Geschichte eines kleinen französischen Dorfes und der Probleme seiner Bewohner recht unterhaltsam, sie hinterlässt jedoch keinen bleibenden Eindruck beim Zuschauer.
Man sieht das Ende eines Tunnels. Hell leuchtet es dem Zuschauer entgegen. Es wird größer, kommt näher. Die Kamera folgt der Fahrt eines Autos – es fährt auf Schienen, dem hellen Schein entgegen. Der französische Regisseur Nassim Amaouche beginnt seinen Film mit diesem doch sehr ausgeschöpften Symbol der Hoffnung auf einen Ausweg, auf Entkommen. Der ganze Film arbeitet mit ähnlichen Clichés: Da gibt es den Fall von Francis, einem arabischen Immigranten, der seinen Arbeitsplatz in einer Fabrik verloren hat. José, ein dicker Junge aus der Nachbarschaft, sitzt tagein tagaus am Straßenrand und wartet verzweifelt auf die Rückkehr seines längst verschollenen Vaters. Ähnlich stereotyp wird die Liebesgeschichte zwischen Francis' Sohn Samir und der Dorfschönheit Nejma beschrieben. Diese emanzipierte junge Araberin muss natürlich, wie sollte es anders sein, nach Paris umziehen – der lächerliche Satz ihres drogenverkaufenden kleinwüchsigen Bruders à la „Du musst sie gehen lassen“ verleitet den Zuschauer dazu, sich verzweifelt an die Stirn zu fassen.
Einer der Lichtblicke, die den Besucher aus dem Dunkel führen, ist die traditionelle arabische Lauten-Musik, die eindrucksvoll Szenen verbindet und die Handlung belebt. Außerdem versprühen manche Szenen Lichtfunken, witzige Handlungselemente, die das Publikum zum Schmunzeln bringen, jedoch schnell wieder erlöschen. Die ungewöhnliche Idee des Regisseurs, das Problem einer zerfallenden Gemeinschaft im Stil eines Westerns zu verfilmen, ist im Grunde gut, die Umsetzung gelingt jedoch nur schlecht. „Adieu Gary“ – allzuschwer fällt uns der Abschied jedenfalls nicht.
Julia Parizo und Moritz Kobler
John-F-Kennedy Schule Berlin
Probier’s mal mit Zusammenhalt
Zu „Adieu Gary“ von Nassim Amaouche
Eine Plastiktüte weht über die staubigen Straßen der Geisterstadt. Die Sonne brennt heiß vom Himmel und die grauen Betonmauern beginnen zu bröckeln. Die Fensterläden sind geschlossen. Zwei Gestalten sitzen am Straßenrand, als würden sie auf etwas warten, das sie aus ihrem trostlosen Alltag entführen kann. Was sollte sie hier halten, in dieser leblosen und tristen Atmosphäre? Nassim Amaouche bevölkert die französische Westernkulisse bald mit liebenswürdig-schrägen, mal etwas kriminellen, mal etwas ruppigen, vor allem jedoch herzensguten Menschen, die man so richtig lieb haben muss. Die Erinnerungen sind es, die in den alten Gemäuern der Häuser hängen. Die Fabrik, die ihnen allen Arbeit und Lebensinhalt gegeben hatte, ist geschlossen. In Einzelteile zerlegt, entgleitet sie ihnen in einem polternden Güterzug. Die fetten Jahre sind vorbei. Doch das ist nicht einfach zu begreifen. So arbeitet Francis, gespielt von Jean-Pierre Bacri, trotzig an seiner alten Maschine weiter. Loslassen ist nun mal nicht leicht: Francis‘ Sohn hat immer noch nicht die Meeresfrüchteplatte bestellt, die er direkt nach seiner Gefängnisentlassung essen wollte. José wartet seit Jahren auf seinen Helden, Gary Cooper, der mehr als nur ein Vaterersatz ist. Aber gemeinsam sind sie stark. Und so ist es das liebevolle, humorvolle Miteinander, das sie nach und nach aus ihrer Lethargie befreit. Sie halten zusammen und helfen sich, wo sie können. Und so schaffen sie es letzten Endes durch den dunklen Tunnel zu fahren und loszulassen, ohne zu wissen, was sie erwartet. Auch José kann schließlich Adieu zu Gary Cooper sagen, auf den er so lange am Straßenrand gewartet hat.
Man kann dem Film vorwerfen, die perfekte Harmonie sei unrealistisch und übertrieben. Ähnlich wie die Regielegende Jean Renoir bedient Amaouche sich der Mittel des poetischen Realismus, der diese traurige Umgebung beinah schön wirken lässt. Der Spagat zwischen dem kritischen Thema und der Lebensfreude gelingt Amaouche mit Humor und Gemütlichkeit, die jede Person auf seine Weise zu verkörpern weiß. So scheint der Film fast schon ein Appell zu sein: zu mehr Zusammenhalt und Gelassenheit.
Claudia Kück und Jenny Dreier
Hölty Gymnasium Wunstorf
Schienen für Helden
Gary Coopers Sohn an der verstaubten Hauptstraße der Stadt, Gleise als Straßen und eine Maus, die das Käseregal einräumt. Ein Junge in der Illusion eines Filmes verloren, ein Mercedes auf Schienen und ein Verkäufer in den Käseaktionswochen. Gerade dieser wundervolle und skurrile Humor ist es, der den Film «Adieu Gary» von Nassim Amaouche reizvoll macht. Die Infrastruktur eines Dorfes, die an einer einzigen Fabrik hängt, bricht zusammen. Das ganze Dorf ist plötzlich perspektivenlos und die Entwicklung bleibt stehen. Alle warten auf etwas Bestimmtes: José auf die Rückkehr seines Vaters, den er für einen Westernhelden hält, der kleine Mann im Rollstuhl auf die Drogen, mit denen er sein Geld verdient und der ältere Mann auf den Wiederaufbau seines Unternehmens. Jeder hat ein klares Ziel vor Augen, kann es aber nicht verwirklichen, da er noch an alten Idealen festhält. Erst als jeder die Hilfe des anderen annimmt, kommt das Leben wieder in Fluss. Ein langweiliges Geschehen ist hier durch viel Tempo und dezenten Humor kurzweilig gemacht. Eine große musikalische Leistung bereichert den Film mit arabischer Gitarre zu Bildern im Westernstil, was filmische Realität und die Illusionen verbindet. Da das Ensemble durch sehr verschiedene doch hochklassige Schauspieler zusammengesetzt ist, wird ein gekonntes Zusammenspiel zwischen den Figuren ermöglicht.
Der Regisseur schafft es Ironie und ernste Inhalte schön zu verbinden, was einen stimmigen Kontrast bildet.
Lena Scheiterbauer und Andreas Eibelshäuser
Rudolf-Steiner Schule Gröbenzell
Ankunft – Herkunft – Zukunft?
Frankreich: heute. Eine Stadt mitten im Nirgendwo – verlassen, heruntergekommen. Ein Mann sitzt in einer alten Fabrikhalle. Er arbeitet an einer Maschine, an der er sein Leben lang gearbeitet hat. Doch der Betrieb ist längst still gelegt. Dennoch macht er sich an ihr zu schaffen. Dröhnend springt sie wieder an, das Stampfen ist bis in den trostlosen Ort zu hören, erstaunt und wehmütig nehmen die Bewohner den stählernen Herzschlag wahr. Über den Rhythmus der Schläge legen sich arabischen Klänge – es ist die symbolische Verschmelzung der arabischen mit der westlichen Kultur.
Der verlorene Sohn Samir kehrt aus dem Gefängnis zurück. Er will mit dem dunklen Tunnel seiner Geschichte brechen, Drogen, Alkohol und Kriminalität sollen endgültig der Vergangenheit angehören. Der Weg aus diesem Tunnel – vorgezeichnet wie auf Schienen – eine Wiedergeburt, ein Neuanfang im Schoße seiner Familie. Samir hat Träume, Wünsche von einem besseren Leben, die er verwirklichen will. Er füllt Regale bei einer Supermarktkette, doch entflieht den demütigenden Arbeitsbedingungen bald wieder – ein letzter Blick aus dem Fenster des Lagers, in dem er sich wie hinter Gittern fühlt. Samir flieht - wie die anderen Bewohner des trostlosen Industrieviertels in eine ungewisse Zukunft.
Auch José empfindet ähnlich wie Samir. Sein Vater tot, die Mutter beschäftigt, versinkt José vor der Glotze, reitet durch die Prärien der berühmten Hollywood-Western. Gary Cooper. Immer wieder Gary Cooper. José glaubt er sei sein Vater. Und ständig der Wechsel zwischen Fiktion und Realität, Ebenen, die miteinander verschmelzen. Die Szenen aus dem berühmten Western „High Noon“ sind eine Metapher für die Auswanderer aus dem Maghreb nach Frankreich. Zurückkehren oder bleiben? Oder den Absprung schaffen.
Überzeugt davon sein, woanders ein neues, besseres Leben führen zu können. Bleiben – ohne genau zu wissen warum - und sich mit der eigenen Herkunft abfinden. Zurückkehren – zu den Wurzeln, doch ohne den Weg in eine Zukunft.
Vitalia Yapparova und Julia Balla
Ottheinrich-Gymnasium Wiesloch
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